De Myrrha en Songes…

C’était l’an dernier, dans l’intimité du studio Gabriel Monnet au théâtre d’O, un spectacle qui s’appelait Myrrha. Discret au milieu des grosses machines du trentième anniversaire, calfeutré loin des clameurs d’enthousiasme qui accueillaient alors à l’entrée du parc James Thierrée ou Simon McBurney…
Pourtant ceux qui s’étaient aventurés jusqu’au studio Monnet en ressortaient avec de la magie dans les prunelles : il y a avait dans ce court chantier une œuvre en gestation, il y avait dans cette riche ébauche où s’entrechoquaient les mots de Shakespeare et ceux d’Ovide, la promesse d’un spectacle dont on allait entendre parler…
Aujourd’hui, heureux ces spectateurs de l’avant-garde : Myrrha est devenu Songes et Métamorphoses, et toute la presse n’en finit pas de s’extasier. Petit florilège :

Libération : Dans le magnifique spectacle de Guillaume Vincent, Ovide et Shakespeare s’allient pour brouiller tout repère entre rêve, fiction et réalité (...) Un spectacle dense, ambitieux et néanmoins hyper accessible.
Le Monde : Songes et Métamorphoses dure quatre heures, mais elles passent comme dans un rêve, porté par la fraîcheur et l’allant d’une formidable troupe de jeunes comédiens.
Médiapart : Une troupe de comédiens hauts en couleurs, un spectacle intense, vibrant et hilarant qui séduit et fascine. Un moment hors du temps à découvrir sans tarder. Passionnant !
France Culture : C'est impressionnant, c'est magnifique on est dans la joie permanente. Il y a de l'ambition, de la modestie et de la joie ; pas de l'amusement : de la joie de rire et de penser.

On pourrait effeuiller longtemps ce bouquet de compliments. Rajoutons simplement que Songes et Métamorphoses ne met pas bout à bout le Songe shakespearien et les Métamorphoses ovidiennes pour on ne sait quelle préparation de théâtre qui pourrait se révéler un peu lourde aux estomacs mal préparés.
Non : Guillaume Vincent, concepteur, metteur-en-scène, auteur, virevolte à travers les siècles, les codes du théâtre, les langages pour un spectacle-kaléidoscope où les images, les mots tournent à toute allure. La jubilatoire Myrrha, l’an dernier, était une ado de cour de lycée et qu’on se le dise : on n’avait encore rien vu.

Les 23, 24 à 20 h, le 25 juin à 18 h. Théâtre Jean-Claude Carrière
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Fiche spectacle

Bas-Fonds et sommets

Autre grande machine de ce trente et unième Printemps (2 heures 30) : Les Bas-Fonds, la pièce de Gorki, mise en scène par Eric Lacascade. Ce n’est certes pas son premier Gorki, encore moins sa première incursion dans le répertoire russe : Lacascade y a souvent puisé son inextinguible soif à pétrir l’humain, ses petitesses, ses grandeurs, ses révoltes, ses désespoirs.
Avec Les Bas-Fonds, il n’a que l’embarras du choix : la Révolution n’est encore qu’en gestation mais dans cet asile de Moscou, à travers ces déclassés, ces rejetés, ces oubliés, tout est déjà en germe. Les haines et les espoirs, les bassesses et les éclairs d’humanité. Autre brassée de compliments cueillis dans la presse.

Le Monde : Un spectacle intense et incandescent.
La Croix : Une création ovationnée, toute en clair-obscur, avec des lueurs caravagesques sur les corps et les visages mal soignés.
Télérama : le fameux « réel » tant recherché advient enfin ; et le théâtre étonnamment se fait si vrai. C'est pour le surgissement de cette réalité, si improbable sur un plateau, que la mise en scène et le jeu des acteurs sont magnifiques.

Intense, incandescent, impressionnant… Sommets de compliments pour Les Bas-Fonds… Eric Lacascade et ses quatorze comédiens portent sans faiblir ces superlatifs jusqu’au noir final de ce grand moment de théâtre.

Les 8, 9 et 10 juin 22 h. Amphithéâtre d’O.

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