Bêtes de Foire : grand petit cirque

Un cirque de poche. Un chapiteau suranné. Un bric-à-brac qui tient du grenier de grand-père et de l’atelier de Géo Trouvetout. Il flotte là-dessus une musique qui renvoie aux souvenirs d’enfance quand les cirques battaient les tréteaux sur les places de village… Et puis soudain, tout s’anime. Passe un chien minuscule, surgit un Monsieur Loyal tout bringuebalant de ses rouages mécaniques... Et puis un couple, lui clown triste, elle couturière qui ravaude des bouts de tissus comme un poète fourbit ses rimes. Et puis des masques. Et puis des mannequins. Car on ne sait jamais avec Bêtes de Foire si ce que l’on voit est fait de chair et de sang ou de métal et de carton. On s’émerveille de leurs métamorphoses en homme élastique ou en jongleur à trois têtes. On rit face à cette machinerie lyrique qui jamais n’encombre, jamais ne prend le pas sur les circassiens-acteurs-musiciens mais au contraire laisse toujours éclore l’émotion... Clin d’œil magnifique au cinéma muet, concentré de tous les arts du cirque, maître de l’illusion, ainsi va ce spectacle qui est un des coups de cœur du Printemps. Un très grand petit cirque.

Du 6 au 26 juin à 21 h (relâche le 21 juin)
Grands Cyprès 2.
(complet les 16, 17 et 23)
Fiche spectacle

La Dévorée : hommage à la femme de cirque

C’est toujours un frisson quand Marie Molliens, dépositaire de l’héritage maternel au sein de la Compagnie Rasposo, monte sur son fil tendu. Ou quand elle lance ses arabesques d’acrobaties au sol… Circassienne, Marie Molliens l’est certes par toutes ses fibres. Mais il y a bien plus qu’une simple virtuosité physique chez elle comme chez tous les acteurs de la compagnie : il y a cette faculté à créer des univers où la danse, la musique, l’ambition du propos gomment tout ce que le cirque peut avoir parfois d’un peu mécanique ou de gratuitement performatif. Ainsi de La Dévorée. Marie Molliens veut, dit-elle, «traquer la faiblesse de la femme de cirque, son humiliation, ses passions dévorantes, son renoncement». Elle a aussi «cherché les points de rencontre entre celle qui est icône inatteignable ou au contraire femme trop humaine, passionnée et le personnage mythologique de Penthésilée.» La voilà donc Reine des Amazones, aimée par Achille, le combattant, l’aimant, le haïssant… Et voilà Rasposo installant une fois encore son monde de beautés formelles et de grâces suspendues. Le voilà s’abreuvant à toutes les sources du cirque, de la danse, du théâtre, de la musique pour un de ces spectacles qui, depuis un quart de siècle, enchantent toutes les salles, tous les chapiteaux de la région.

Du 2 au 12 juin (voir horaires) Grands Cyprès 2.
Fiche spectacle


Dromesko : marabout-bouts de ficelles
Il y a toujours un moment chez les Dromesko où passe un marabout. Un vrai, un de ces volatiles africains qui ont la démarche dégingandée des cigognes et la dignité un peu funèbre des majordomes anglais. Celui-ci s’appelle Monsieur Charles et depuis tant et tant d’années, il accompagne sur les routes du monde Igor et Lily, couple fondateur du Cirque, de la Volière, du Théâtre Dromesko. Les noms ont changé, Monsieur Charles est resté. Et pourquoi, dira-t-on, ramener les spectacles des Dromesko à la seule apparition de Monsieur Charles ? C’est qu’il en est en quelque sorte le symbole : dans l’univers loufoque et poétique d’Igor et Lily, dans ce jeu de marabout-bouts de ficelles, les animaux ont leur place au même titre que les danseurs, musiciens, acteurs. Tous se tiennent sur cette frontière ténue où l’illusion sert de réalité, où on n’est pas très sûr, comme dans Le Jour du Grand Jour, que les noces ne vont pas virer au repas de funérailles, où passent des mariées felliniennes comme démultipliées par des jeux de miroirs… Ce n’est certes pas la première fois que le Printemps des Comédiens accueille les Dromesko. Mais c’est la première fois qu’ils nous offrent deux spectacles, l’un prolongement de l’autre. Ou pas. Il faut demander à Monsieur Charles.

Le Jour du Grand Jour du 4 au 8 juin à 22 h. (complet les 6, 7, 8) Fiche spectacle
Le Dur désir de durer du 13 au 17 (spectacle complet). Espace Grands Cyprès 1. Fiche spectacle

Et n’oubliez pas : Balthazar, hors les murs

Enfin, puisque c’est de cirque qu’il s’agit, on rappelle que Balthazar prend cette année le chemin du parc. Plus de chapiteau mais le grand ciel du soir pour les jeunes artistes de l’école montpelliéraine, une des meilleures de France. Leur spectacle s’appelle Cirkulations libres et il leur ressemble ; enthousiaste, inventif et, cette année, vivifié plus encore par le grand air.

Du 6 au 11 juin à 19 h. Bassin. (complet le 7)
Fiche spectacle





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