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Molière, DOM JUAN : avec les étoiles en plus



Dom Juan, Molière, le mythe, l’étrangeté de la pièce, son ambigüité, sa trajectoire atypique dans le répertoire français, depuis l’obscurité où l’avait plongée le XVIIIe siècle jusqu’à sa renaissance initiée par Jouvet. Dom Juan, son inépuisable richesse qui a nourri l’imaginaire de tant de metteurs en scène. Voici le tour du tandem Jean-François Sivadier- Nicolas Bouchaud depuis leur Théâtre National de Bretagne. C’est ce grand Dom Juan que le Printemps s’honore de programmer…

Mediapart par exemple : «Six acteurs seulement pour jouer sur un immense plateau gavé de toiles, de fils et de planches. L’esprit bateleur du metteur en scène Jean-François Sivadier et de sa bande d’acteurs emmenée par Nicolas Bouchaud, a encore frappé. Et n’oublions pas les techniciens. Ils ne chôment, ils entrent littéralement dans le danse de ce spectacle et viennent légitimement saluer à la fin (…) Molière se défoule et s‘en donne à cœur joie, Sivadier et ses acteurs aussi».

Le Monde à présent : «Jean-François Sivadier, Nicolas Bouchaud abordent Dom Juan en tenants d’un théâtre ludique et jouissif, qui joue avec un plaisir presque enfantin des codes de la théâtralité. Leur spectacle brasse tout un bric-à-brac imaginaire, des Trois Mousquetaires au folklore bretonnant (…). La scénographie à surprises et à métamorphoses est une vraie réussite et on saluera l’obstination que les Sivadier-Bouchaud mettent à poursuivre dans la voie d’un théâtre populaire de qualité».

Et L’Express donc : «Il ouvrait "Le Misanthrope" en se déchaînant sur "Should I stay or should I go" des Clash, comme pour montrer la rage d'Alceste, son personnage qui ne sait s'il doit composer avec la société ou bien la fuir. Aujourd’hui le comédien de 49 ans à la tignasse un peu punk promène un Dom Juan tour à tour brillant ou enjôleur, scélérat ou terrifiant, avant de finir nu comme un ver et couvert de boue».

Ou La Croix enfin : «Nicolas Bouchaud, plus magnifique, plus séducteur et séduisant que jamais (…). Un décor renouant magiquement avec la tradition et les artifices du théâtre à machineries du XVIIe siècle, ouvrant sur le ciel, entraînant jusqu’aux entrailles de la terre».

Un dernier mot : tous ces critiques n’ont vu le spectacle qu’en salle. Le grand amphi du Printemps lui offre en plus la voûte des étoiles.

(Photos : Brigitte Enguérand)




4x11 = neuf heures de théâtre



Quatre comme quatre metteurs en scène, quatre textes, quatre générations. Onze comme onze comédiens, tous les mêmes d’un texte à l’autre. Et une même toile de fond : l’excellente Ecole Nationale Supérieure d’Art Dramatique de Montpellier (Ensad) dont la coopération avec le Printemps des Comédiens a produit, des Règles du Savoir Vivre à Nobody, de magnifiques réussites.
Le pari, cette année, est tout aussi ambitieux et plus passionnant encore. L’idée : mettre entre les mains de quatre metteurs en scène représentant quatre générations onze jeunes acteurs qui ont encore un pied à l’Ensad. Jouer, un spectacle après l’autre. Puis rassembler le tout dans trois intégrales qui seront autant de marathons de théâtre. Ou mieux : comme autant de survols de ce que le théâtre a produit ces trente dernières années.

Alain Françon, vieux routier de la scène publique, ancien directeur -entre autres- du Théâtre de la Colline, a accepté de participer à cette expérience qui n’a guère d’équivalent dans le paysage festivalier. Il mettra en scène des montages de textes de l’auteur allemand Botho Strauss. (Les 7, 14 et 21 juin. 20 h)

Lui succède Robert Cantarella, ancien élève d’Antoine Vitez, revenu à la scène à Avignon dans une création de Christophe Honoré. Il a choisi de monter Monstres, de Stéphane Bouquet, pièce qui doit son origine au film lui-même monstre de Jacques Rivette, Out One. (Les 8, 15 et 22 juin. 20 h)

Vient ensuite Jean-Pierre Baro, acteur sous la direction de Thomas Ostermeier ou Jean-Pierre Vincent, metteur en scène de Tchekhov, Hugo ou Büchner. C’est ce dernier auteur et son classique La Mort de Danton qu’il a choisi pour sa part de l’expérience. «Pour un travail chorégraphique et choral», dit-il. (Les 9, 16 et 23 juin. 20 h)

Enfin, le directeur de l’Ensad lui-même, Gildas Milin, ici à la fois auteur et metteur en scène. Son texte NNN (Ni égaux Ni frères Ni libres) renvoie à une pièce de 1920 où sont agencés des robots censés remplacer les hommes dans la sphère de l’art. (Les 10, 17 et 24 juin. 20 h)

Côté pratique
Les quatre spectacles d’une durée de deux heures environ chacun -à l’exception de celui de Gildas Milin, 2 heures 40- sont données en alternance au Théâtre du Hangar (3, rue Nozeran), nouveau lieu de création de la Métropole de Montpellier lié à l’Ensad. Les intégrales -les 11, 18 et 25 juin- débutent à 14 h. Début du dernier spectacle : 22 heures.



Pommerat, Françon : stars des Molière et du Printemps
Le palmarès des Molière 2016, tombé mardi soir, sonne très agréablement aux oreilles de l’équipe du Printemps des Comédiens. Trois récompenses, et les plus prestigieuses, reviennent en effet à Joël Pommerat et son spectacle-fresque sur la Révolution française, Ca ira (1) fin de Louis présenté les 19 et 20 juin à 21h30, à l'Amphithéâtre d'O.
Pommerat, déjà présent dans la programmation du Printemps 2011 avec Le Petit Chaperon Rouge, a obtenu pour ce spectacle le Molière du théâtre public, du metteur en scène et de l’auteur francophone de l’année. Il faut ajouter à ce triomphe que lui font le public et la profession un autre Molière, celui du spectacle pour enfants, obtenu grâce à son adaptation de Pinocchio.
Autre motif de fierté pour le Printemps : Alain Françon, qui est l’un des quatre metteurs en scène impliqués dans la passionnante expérience 4 X 11 (lire ci-dessus), a remporté le Molière de la mise en scène pour son adaptation de Qui a peur de Virginia Woolf ?





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