On vous avait prévenus, lorsque le monde s’effondre, seule la culture
et l’Art résistent au désastre.
Les caisses sont vides, et voilà que les théâtres et les musées se
remplissent… Le public revient, peut-être un autre public pour découvrir
un autre spectacle que celui d’un système financier qui agonise.
A l’occasion de cette crise l’essentiel reprendra sa place et ses droits
: le débat d’idées, le retour des vraies valeurs, un peu plus de solidarité.
Les peuples ne s’y tromperont pas, avec Obama, l’Amérique vient d’en
donner l’exemple.
Le mensonge et les impostures des financiers responsables de cet enlisement
ont fait du spectacle une marchandise ou un privilège élitiste. Profitons
de la crise pour que ça change.
Ma génération, et je prends ma part de responsabilité, s’est, avec
les années, enlisée dans des modes de fonctionnement devenus archaïques.
Le théâtre, s’il sait s’ouvrir au peuple et à la culture de tous les
peuples, accompagnera la reconquête des valeurs que nous voulons pour
l’humanité.
Nous vous invitons à vous approprier ces espaces de poésie que vous
proposeront les cavaliers de Bartabas, les artistes du cirque Plume,
les zoulous des townships de Johannesburg, et les autres artistes présents
sur le printemps. Vous en sortirez vivants mais pas indemnes.
Trente jours de spectacles au printemps ne changeront pas le monde
mais vous renforceront dans cette idée qu’être sous les pins du printemps
vous donnera plus de force pour transformer durablement la planète.
Daniel Bedos
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