L'expression
artistique d'un événementiel comme celui du Printemps des Comédiens
ne peut rester étranger aux problèmes du monde. Si tel était
le cas, nous ne mériterions ni le soutien du public ni celui
des pouvoirs publics et sombrerions dans l'ennui et l'élitisme.
Ce
débat sur l'identité nationale est pervers. C'est pourquoi, plus
que jamais, j'inscris cette programmation 2010 dans la diversité.
Cette diversité que doit revendiquer la France, car celle-ci a
fait le rayonnement de sa culture. Le peuple Rom, plus que d'autres,
a su au gré de son long exode, s'approprier ici ou là, telle ou
telle forme de sensibilité artistique. C'est sa richesse. Les nazis
leur ont fait payer cher cette liberté.
Je souhaite, avec cette
programmation qui accueille des artistes venus d'Asie, d'Afrique,
de l'Océan indien, de l'Amérique, des Balkans, apporter ma contribution
aux idées qu'avant nous Aimé Césaire avait exprimées sur l'arrogance
économique et culturelle de la colonisation, et la nécessité
d'un monde pluraliste. Ouvrons notre esprit et notre coeur à
ces franchisseurs de frontières, personne ne pourra contenir
ce nouvel élan. Une programmation plurielle,
métissée, nomade, pleine de vibrations et de plaisir pour le
bonheur, je l'espère, des 55 000 spectateurs que nous nous préparons
à accueillir.
Daniel Bedos
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